Depuis quelques années, Microsoft a adopté une stratégie plus ouverte envers le monde du libre. L’une des initiatives phares de cette démarche est le Sous-Système Windows pour Linux, plus connu sous le sigle WSL. Concrètement, WSL permet aux utilisateurs de faire fonctionner un environnement Linux directement au sein de Windows, sans passer par la création d’une machine virtuelle traditionnelle. C’est une évolution majeure pour les développeurs et les passionnés de technologie qui souhaitent profiter de la richesse de Linux tout en restant dans l’écosystème Windows. Dans cet article, nous allons découvrir pourquoi WSL a été créé, en quoi il diffère d’une virtualisation classique et comment l’installer puis l’utiliser sous Windows 10 ou 11.
Le Sous-Système Windows pour Linux est une **couche de compatibilité intégrée à Windows, permettant de lancer des binaires Linux ELF64. En d’autres termes, cela autorise l’exécution de logiciels et de distributions Linux directement dans Windows, sans émulation. En pratique, WSL se présente comme une option que l’on peut activer sur Windows 10 ou 11, puis configurer pour lancer différentes distributions Linux (Ubuntu, Debian, openSUSE, etc.).
- WSL 1 : Première version de la fonctionnalité, dans laquelle Microsoft a implémenté un sous-système d’appel système (syscall) pour permettre aux applications Linux de tourner dans Windows.
- WSL 2 : Introduit un noyau Linux réel fonctionnant dans une machine légère (utilisant la technologie Hyper-V). Cette évolution fournit une compatibilité et des performances nettement supérieures, en particulier pour les opérations nécessitant l’accès au réseau ou au système de fichiers.
Pour tirer pleinement profit des dernières améliorations, il est recommandé d’utiliser WSL 2 lorsque c’est possible.
1. Développement simplifié : Les développeurs web ou ceux travaillant avec des langages open source (Python, Node.js, Go, etc.) n’ont plus besoin d’installer des VM complexes ou de faire des aller-retours entre deux systèmes.
2. Performances : Contrairement aux machines virtuelles traditionnelles, WSL consomme peu de ressources et démarre instantanément.
3. Gestion simplifiée : On peut gérer WSL via la ligne de commande `wsl.exe`, installer ou supprimer aisément diverses distributions Linux sans impact sur l’OS principal.
4. Intégration avec Windows : Les dossiers Windows (tels que `C:\Users\...`) sont accessibles depuis Linux, et inversement, les commandes Linux peuvent interagir avec des chemins Windows.
5. Outils de développement : Bash, Git, GCC, apt-get… Tout l’écosystème Linux devient utilisable, ouvrant la voie à davantage de flexibilité, surtout pour ceux qui ont besoin d’outils et de bibliothèques non disponibles en natif sous Windows.
Depuis la mise à jour de Windows 10 (build 2004) et Windows 11, Microsoft propose une méthode simplifiée :
1. Ouvrir Windows Terminal ou l’Invite de commandes en administrateur.
2. Taper la commande suivante :
3. Patientez pendant le téléchargement et l’installation des composants.
4. Par défaut, Ubuntu est installée comme première distribution Linux.
Une fois l’opération terminée, un redémarrage peut être nécessaire. Au prochain lancement, vous devrez choisir un nom d’utilisateur et un mot de passe pour votre environnement Linux.
Si vous préférez une distribution particulière (Debian, Fedora, openSUSE, etc.), vous pouvez préciser le nom lors de l’installation : (PowerShell)
Pour voir la liste des distributions disponibles :
Après redémarrage (ou après l’installation), vous pouvez lancer la distribution Linux via :
- Le Menu Démarrer de Windows (une icône pour “Ubuntu” ou la distribution installée apparaît).
- Windows Terminal (en sélectionnant la distribution souhaitée dans la flèche à droite de l’onglet).
- Invite de commandes (ou PowerShell)
ou
5.1. Accéder aux fichiers Windows
Dans la distribution Linux, le système de fichiers Windows est monté sous `/mnt`. Par exemple, le contenu du disque C: est visible dans `/mnt/c`. Vous pouvez donc naviguer, éditer ou créer des fichiers directement sur vos partitions Windows, sous réserve des droits d’accès habituels.
Il est tout à fait possible de copier-coller du texte depuis Windows vers la console Linux (et inversement) si votre terminal le permet. De plus, vous pouvez créer un répertoire partagé accessible à la fois depuis l’Explorateur Windows et depuis votre distribution Linux.
1. Développement web
- Installer un serveur Apache ou Nginx, configurer des projets PHP, faire tourner des bases de données MySQL ou PostgreSQL.
- Tester vos applications web comme si vous étiez sur un serveur Linux réel.
2. Scripts et automatisation
- Exécuter des scripts Bash (backup, parsing de logs, etc.) directement depuis Windows, sans VM.
- Planifier des tâches (cron) si besoin, bien que certaines fonctionnalités systémiques soient limitées.
3. Utilisation d’outils Linux
- Exploiter `grep`, `sed`, `awk`, `git`, `curl`, etc. pour un flux de travail complet en ligne de commande.
- Installer des paquets via `apt` ou `yum` selon la distribution choisie.
4. Développement multiplateforme
- Tester facilement la compatibilité de vos projets sous Linux, puis sous Windows, le tout depuis la même machine.
1. Compatibilité matérielle : Certaines cartes graphiques ou utilisations avancées (accélération GPU) peuvent nécessiter des ajustements spécifiques (WSLg pour l’affichage graphique, drivers GPU compatibles, etc.).
2. Services en arrière-plan : Les services ou démons (comme systemd) ne s’exécutent pas toujours comme sur un Linux natif, bien que WSL 2 rende les choses plus fluides.
3. Fiabilité des montages : L’accès aux fichiers Windows via `/mnt/c` fonctionne bien, mais il est recommandé de garder des copies de sauvegarde et de vérifier la compatibilité des noms de fichiers.
4. Performances IO : Sur WSL 2, l’IO vers le système de fichiers Windows peut être plus lent que dans un environnement Linux classique ou que dans une VM dédiée, bien que cela se soit amélioré au fil des mises à jour.
- Mettre à jour WSL : Exécute régulièrement la commande `wsl --update` pour bénéficier des dernières améliorations, notamment pour WSL 2.
- Préférer un éditeur compatible : VS Code, par exemple, intègre une extension Remote WSL, permettant d’éditer du code directement dans la distribution Linux.
- Garder Windows et la distribution Linux synchronisés : Lance régulièrement `apt update && apt upgrade` (ou l’équivalent selon la distribution) pour éviter les vulnérabilités.
- Envisager WSLg : Sur Windows 11, WSLg permet l’exécution d’applications graphiques Linux (GUI). C’est idéal pour certains IDE ou pour tester des applications de bureau Linux.
Cet article reste largement valable pour Windows 10, sous réserve d’utiliser une version récente (idéalement Windows 10 version 2004 ou ultérieure).
Voici les principales différences :
wsl --install
]La commande simplifiée
[wsl --install
] pour l’installation automatique de WSL est apparue avec les builds récentes de Windows 10.
wsl --install
], tu devras passer par l’activation manuelle des fonctionnalités (Hyper-V, Plateforme machine virtuelle, etc.) puis installer ta distribution Linux via le Microsoft Store ou en ligne de commande.En résumé, vous pouvez tout à fait adapter cet article pour Windows 10, en veillant simplement à préciser les prérequis de version (2004 minimum pour WSL 2) et, le cas échéant, à expliquer la procédure alternative si l’option [wsl --install
] n’est pas disponible.
Le Sous-Système Windows pour Linux (WSL) est une véritable révolution pour les développeurs et utilisateurs avancés qui souhaitent combiner les atouts de Linux et la simplicité d’utilisation de Windows. Grâce à WSL 2, il est désormais possible de profiter d’un noyau Linux complet, garantissant compatibilité, performance et confort. Que vous soyez un professionnel cherchant à créer un environnement de développement Linux sous Windows, ou un passionné curieux d’explorer l’écosystème open source, WSL vous offre une passerelle idéale vers le monde de Linux.
Cette fonctionnalité continue de s’étoffer via des mises à jour régulières et se marie parfaitement avec d’autres outils Microsoft, tels que Windows Terminal, Visual Studio Code, ou encore Docker. Bref, WSL incarne l’approche plus ouverte de Microsoft, qui rapproche deux écosystèmes historiquement opposés, au grand bénéfice des utilisateurs.
À vous de jouer ! Installez WSL, testez vos distributions Linux préférées, et découvrez un nouveau degré de flexibilité sur votre PC Windows 10 ou 11.
Ressources supplémentaires :
- [Documentation officielle Microsoft sur WSL]
- [Installation et configuration de WSL sur Windows 10/11]
- [Extensions Visual Studio Code pour Linux & WSL]